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Retour sur la journée du 4 octobre 2018: États généraux de la métallurgie

4 octobre 2018
Le jeudi 4 octobre 2018, le CSMO-Métallurgie organisait à l’hôtel Mortagne de Boucherville les États Généraux de la Métallurgie 2018. 205 participants dont entre autres des dirigeants d’entreprises, des chercheurs, des membres du gouvernement et de diverses associations étaient présents à cet événement animé par Stéphan Bureau.


Durant cette journée, plusieurs panélistes et conférenciers dont notamment Raymond Bachand se sont partagés la scène pour aborder divers thèmes relatifs à l’actualité métallurgique soit: le climat géopolitique, l’économie, l’amélioration de la productivité, l’industrie 4.0, la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la métallurgie, le développement des compétences et la formation.

En effet, comme l’a mentionné le politologue Loïc Tassé durant son intervention, nous faisons face à une croissance économique spectaculaire de la Chine. À titre d’exemple, la Chine produisant la moitié de l’aluminium mondial, ses exportations ne cessent de croitre. À cela, ce pays délocalise sa production de métal en ouvrant des aciéries partout dans le monde. Enfin, notons que ce pays se démarque par sa technologie de pointe. Dans un contexte où l’économie chinoise surpasse de 25% celle des États-Unis, il est certain que le gouvernement américain réagit. Sans rentrer dans les détails, l’ALENA ou maintenant l’AEUMC s’inscrit comme une mesure pour tenter de contrer la croissance de l’économie chinoise. Ainsi, pour rester dans le secteur de la métallurgie, le gouvernement américain a récemment imposé des tarifs à l’exportation pour certains produits à base d’aluminium ou d’acier. Considérant ces faits, certains manufacturiers québécois subissent alors les répercussions de ces mesures. Pour faire une brève parenthèse, rappelons d’ailleurs que le RTMQ et AluQuébec ont été mandatés par le MESI pour évaluer l’impact de ces mesures. Le sondage élaboré par le RTMQ sur les impacts des taxes sur l’acier est toujours ouvert, aussi, vous pouvez toujours y répondre en vous rendant sur ce site: https://fr.surveymonkey.com/r/tarifs-Acier

Cela étant, l’enjeu actuel des manufacturiers étant d’améliorer la productivité, les panélistes et conférenciers ont mis l’emphase sur l’importance de l’innovation technologique et du 4.0. Une certaine confusion se faisant parfois entre automatisation / robotisation et 4.0, nombreux sont les intervenants à avoir insisté sur la définition du 4.0.  Alors que la troisième révolution industrielle portait sur l’automatisation et le développement des systèmes informatisés, le concept d’industrie 4.0 représente les technologies numériques dites cognitives (apprentissage automatique, reconnaissance et traitement du langage, images et configuration de données par la machine). Comme l’ont souligné alors les conférencières Mia Homsy, directrice générale de l’Institut du Québec ou Marie Lapointe, présidente d’AluQuébec, dans le domaine manufacturier, le 4.0 repose sur l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et augmentée, les capteurs avancés, les algorithmes et microprocesseurs super puissants et les mégadonnées.

Quels sont les avantages du 4.0?

Les conférenciers et panélistes ont démontré que l’intégration du 4.0 dans le secteur de la métallurgie représentait:
-    une aide à la prédiction dans les situations problématiques,
-    une aide à la décision (anticipative et non réactive),
-    une aide au diagnostic (cause d’un problème, cause de perte),
-    une automatisation de la gestion des opérations,
-    un outil de simulation (impact d’un nouveau produit, d’un changement),
-    une opportunité pour améliorer la qualité des produits,
-    des relations plus soutenues avec les clients et fournisseurs.

L’innovation et l’intégration du 4.0 ont alors découlé sur un autre débat soit l’impact de ces technologies sur l’emploi. En d’autres termes, les employés œuvrant dans le secteur de la transformation métallique ont-ils à craindre pour leur poste? Les conférenciers ont alors mis l’accent sur l’importance de l’humain dans le secteur de la métallurgie et cela même si les dirigeants d’entreprise s’orientent vers l’automatisation, la robotisation ou le 4.0. Ainsi, l’intégration de nouvelles technologies n’est pas synonyme de licenciement, mais plutôt de reconversion, aussi, la formation en entreprise (programme d’apprentissage en milieu du travail, compagnonnage) et le développement des compétences demeurent indispensables.

Cela étant, dans un contexte où le Québec souffre non seulement d’une pénurie de main-d’œuvre, mais également où les jeunes sont très peu attirés par les métiers de la métallurgie, tous les intervenants s’entendaient pour dire que l’intégration du 4.0 représentait une opportunité pour attirer nos nouveaux talents.

En conclusion, ces multiples interventions ont non seulement permis aux participants d’en apprendre davantage sur les facteurs économiques et géopolitiques affectant le secteur de la métallurgie,  mais également de réfléchir sur les pistes de solutions éventuelles.

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