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Chère Trois-Rivières

J’ai accosté sur ton bout de terre en décembre dernier en pleine tempête de neige. Je songeais à repartir au mois de juin. Juste à temps pour le solstice. On ouvre les fenêtres bien grandes à l’occasion du premier épisode de la nouvelle saison de «Balconville». Je ne connaissais pas beaucoup de tes visages et il fait froid l’hiver par ici! Pas-mal-plus-que d’où je viens. Mais tu m’as demandé d’attendre l’arrivée de l’été. Que la chaleur revienne pour en trouver plus facilement. 

Chère Trois-Rivières

Tu n’as pas de tunnels souterrains pour se promener à l’égard du froid mais tes maisons sont chaudes et on se tient sur le bord du foyer. Souvent on se jase dans les cuisines. On se rencontre sur le chemin des commerces. Et on se retrouve parfois, en fin de soirée dans l’un des bars du centre-ville autour des braises qui frissonnent dans de vieux fours à bois. Par chez nous, boire une pinte à -25 au bord d’un feu, c’est pendant 2-3 weekends. Pas toute une saison. On ne joue pas dehors aussi souvent qu’ici. De là, je suis passé chez Lecompte, je me suis acheté une nouvelle paire de mitaines et je t’ai laissé une chance. Une ville qui se réveille après l’hiver, c’est toujours un peu magique. Le sentiment de se libérer de nos tuques est égal à celui ressenti pendant l’enfance lorsque les parents vissaient (presque) de force nos bonnets sur nos têtes. Et  qu’on enlevait (presque) tous en cachette à peine le nez dehors.



Cette semaine, c’est le festival du 20 degrés-pas-de-tuque-pas-de-manteau. Le ciel fait la bise au fleuve. Les grands bateaux de croisière accostent au port, stationnés non loin des cargos internationaux débordant de victuailles. Tu te présentes habillée de grandes lettres noires au carré du St-Maurice aux marins et curieux de rencontrer la Capitale culturelle canadienne 2009. J’aime marcher dans ce coin-là. Il s’y est passé tellement d’histoires et encore aujourd’hui… Des hommes y font commerce depuis l’époque du troc, le Cirque du Soleil à signé un bail avec les Colocs pour l’été à l’Amphithéâtre Cogeco. Boréalis raconte ton histoire de prospérité à l’ère de l’épopée papetière du Trois-Rivières-dans-le-temps. La petite boutique sur Notre-Dame reçoit sa cargaison pour les trouvailles des quatre coins du monde qui décorent d’ores et déjà mon appartement. J’ai vu les premiers préparatifs du FestiVoix! (YÉ!). T’es animée, Trois-Rivières! 



Tu portes ta robe-jaune-soleil-sans-nuages-du-printemps. La saison balnéaire est lancée sous les coups de «pop» des bouteilles de bulles et de moût locaux! Une effervescence qui goutte chez toi! Tout le monde participe à ton événement «cinquassette». Fait beau! Fait (enfin) chaud! Une atmosphère qui sent le jeudredi quoique nous n’étions (que) mardi. Les terrasses se racontent mille et une anecdotes. Les dernières nouvelles de l’hiver. Et le claquement des verres du «happy hour» sonne aussi fort que la cloche de la cathédrale, arrosée d’une pluie de confettis-quand-l’monde-se-marie-le-samedi. «Cheers!»

Je t’ai trouvé belle, Trois-Rivières! Tu (re)vivais ta (fin de) semaine jusqu’à ce que le soleil se couche. En te disant «à tout de suite».

Voilà juin. Et je ne suis (toujours) pas partie. 
Mais tu fais exprès. Passe-qui paraît que tu sors tes terrasses le 15. Tu fermes la rue des Forges pour t’exposer toutes grandes voiles dehors. Tu métamorphoses la grande artère pour en exposer le coeur de ta ville. Tu m‘as donné rendez-vous et tu m’as dit que tu serais «open» pour apprendre à me connaître. 

Ça tombe bien, y’a aussi des sandales chez Lecompte.
Joannie Roy
Joannie Roy

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